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Protéger avant d’alerter, alerter avant de secourir : l’ordre qui évite d’aggraver un accident

Benoît Masseron 8 min de lecture

Face à un accident, le bon réflexe n’est pas de se précipiter vers la victime. La règle à retenir tient en trois actions simples : Protéger, Alerter, Secourir. Cet ordre limite le sur-accident, facilite l’arrivée des secours et permet d’aider sans aggraver la situation.

Comprendre le protocole PAS : une priorité avant tout geste

PAS veut dire Protéger, Alerter, Secourir. Ce protocole s’applique en cas d’accident de la route, de malaise, d’incendie, d’électrocution, de chute ou de toute situation où une personne semble en danger. Il aide à agir quand le stress brouille les réflexes, avec un ordre clair et facile à retenir.

Comment alerter et informer les secours en cas d’accident …

La première étape consiste à vérifier que vous ne vous exposez pas vous-même au danger. Une victime supplémentaire complique l’intervention et retarde la prise en charge. Ensuite, vous alertez les secours avec des informations nettes. Enfin, vous apportez une aide adaptée à votre niveau de compétence, en attendant l’arrivée des professionnels.

Il faut garder une idée simple : secourir ne veut pas toujours dire manipuler. Parfois, le bon geste consiste à parler à la victime, la couvrir, surveiller sa respiration, éloigner les curieux ou empêcher un véhicule d’approcher. En secourisme, l’objectif n’est pas de faire beaucoup, mais de faire juste.

Protéger : sécuriser la scène avant d’approcher

Se protéger soi-même et éviter le sur-accident

Avant d’intervenir, observez rapidement l’environnement : circulation, fumée, feu, câbles électriques, produits chimiques, risque d’explosion, instabilité d’un véhicule ou d’un objet. Si la zone est dangereuse, gardez vos distances et appelez les secours. En cas d’électrocution, il faut couper le courant avant tout contact avec la victime. En cas d’incendie, l’éloignement des personnes et des matières inflammables passe avant tout, si cela peut se faire sans risque.

Les numéros d’urgence officiels à connaître en cas de danger — Consultez la liste officielle des numéros d’urgence (15, 17, 18, 112) pour réagir rapidement en cas d’accident, d’incendie ou d’agression.

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Sur la route, allumez les feux de détresse, portez un gilet réfléchissant et placez-vous derrière la glissière de sécurité si elle existe. Le triangle de signalisation peut être placé à environ 30 mètres lorsque les conditions le permettent, sans traverser une voie dangereuse pour le faire. Sur autoroute, la mise à l’abri et la borne d’appel d’urgence restent prioritaires par rapport à tout déplacement risqué sur la chaussée.

Protéger la victime sans la déplacer inutilement

Une victime d’accident de la route doit rester dans le véhicule si aucun danger immédiat ne la menace, notamment en cas d’incarcération ou de suspicion de traumatisme. La déplacer peut aggraver une blessure. Les exceptions concernent les situations où le danger est direct : incendie, fumée, immersion, risque d’explosion ou menace immédiate pour sa vie.

Dans une urgence, aider à organiser les témoins change beaucoup de choses. Une personne peut ralentir les passants, une autre guider les secours, une troisième chercher un défibrillateur si le lieu en possède un. Vous n’avez pas besoin d’être chef d’intervention. Une consigne claire, adressée à une personne précise, suffit souvent à faire gagner de précieuses minutes.

Alerter : appeler le bon numéro et transmettre l’essentiel

Une alerte efficace doit être rapide, précise et calme. S’il y a plusieurs témoins, demandez clairement à une personne d’appeler : « Vous, avec le manteau bleu, appelez le 112 et revenez me dire ce qu’ils vous ont répondu. » Cette formulation évite que chacun pense qu’un autre s’en charge.

Numéro À utiliser pour Repère simple
15 Urgence médicale, malaise, douleur importante, détresse vitale SAMU
17 Danger pour la sécurité, accident avec trouble public, violence, besoin police ou gendarmerie Police ou gendarmerie
18 Incendie, accident de la route, secours aux personnes, danger matériel Pompiers
112 Urgence en Europe, surtout si vous hésitez sur le service à joindre Numéro d’urgence européen

Que dire exactement aux secours ?

Les secours ont besoin d’informations concrètes, pas d’un long récit. La méthode des 5W aide à structurer l’appel : où, quoi, qui, quand, quels risques. Indiquez la localisation précise : adresse, sens de circulation, point kilométrique, étage, code d’accès, repère visible ou borne d’appel d’urgence. Sur route ou autoroute, le sens de circulation est déterminant.

  • Où : lieu exact, accès, repères, sens de circulation.
  • Quoi : accident, malaise, incendie, électrocution, chute, fuite de produit.
  • Qui : nombre de victimes, âge approximatif, état apparent.
  • Quand : événement en cours, accident récent, situation qui évolue.
  • Quels risques : feu, fumée, circulation, produits chimiques, victime coincée.
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Ne raccrochez jamais avant que l’opérateur ne vous y autorise. Il peut vous guider pour vérifier la respiration, installer la victime dans une position adaptée ou organiser l’accueil des secours. Un échange bref, mais précis, vaut mieux qu’un récit confus.

Secourir : aider sans aggraver en attendant les professionnels

Les gestes utiles à la portée du témoin

Une fois la zone protégée et les secours alertés, restez auprès de la victime si cela ne vous met pas en danger. Parlez-lui calmement, expliquez que les secours arrivent, couvrez-la pour limiter le refroidissement et surveillez son état. Le simple fait de rassurer peut réduire l’agitation et faciliter la prise en charge.

Si la victime est inconsciente mais respire, la position latérale de sécurité limite le risque d’étouffement. Si un saignement abondant est visible, exercez une compression directe sur la plaie avec un tissu propre si possible, en maintenant la pression jusqu’à l’arrivée des secours ou jusqu’aux instructions données par téléphone.

Ce qu’il ne faut pas faire

Certains gestes partent d’une bonne intention, mais peuvent être dangereux. Ne donnez rien à boire ni à manger à une victime, même si elle le demande. Ne retirez pas le casque d’un motard ou d’un cycliste blessé, sauf instruction d’un professionnel ou nécessité vitale immédiate. Ne tentez pas de relever une personne qui se plaint du dos, de la nuque ou qui a subi un choc violent.

Évitez aussi les attroupements. Ils gênent la ventilation, augmentent le stress et compliquent l’accès des secours. Si vous ne pouvez pas faire de geste de premier secours, vous pouvez être utile autrement : maintenir un périmètre, récupérer des informations, guider les secours depuis l’entrée d’un immeuble ou surveiller l’évolution de la victime.

Accident de la route, incendie, électrocution : adapter le réflexe PAS

Sur route ou autoroute

En cas d’accident de la route, le danger principal est souvent le sur-accident. Gilet réfléchissant, feux de détresse, mise à l’abri derrière la glissière et appel rapide sont prioritaires. Sur autoroute, n’essayez pas de traverser les voies et n’allez pas placer un triangle si cela vous expose. Utilisez si possible une borne d’appel d’urgence, car elle facilite la localisation.

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Si des victimes sont dans un véhicule, parlez-leur sans les déplacer. Coupez le contact si vous pouvez le faire sans danger. Éloignez les personnes indemnes de la chaussée et empêchez les curieux de rester près des voies. Cette vigilance simple réduit les risques pour tout le monde.

Incendie, fumée ou produits dangereux

Lorsqu’il y a du feu, de la fumée ou une fuite de produits chimiques, la protection passe d’abord par l’éloignement. Ne respirez pas les fumées, n’entrez pas dans un local dangereux et ne tentez pas une action qui dépasse vos moyens. Prévenez les pompiers au 18 ou composez le 112 si vous hésitez.

En cas d’électrocution, ne touchez jamais la victime tant que le courant n’est pas coupé. Utiliser un objet au hasard pour la dégager peut vous mettre en danger. La bonne réaction consiste à sécuriser l’alimentation électrique, alerter, puis surveiller l’état de la personne à distance si l’intervention directe reste risquée.

Mémoriser les bons réflexes et se préparer avant l’urgence

Le protocole PAS est plus facile à appliquer s’il a été répété avant l’accident. Une consigne lue une seule fois ne suffit pas toujours. La mémorisation passe par des mises en situation, des formations de secourisme, des exercices en entreprise ou des supports pédagogiques. Des jeux comme SECOURISTE, mentionnés comme médaillés d’or au Concours Lépine, peuvent aussi servir d’appui pour ancrer les réflexes.

Pour retenir l’essentiel, gardez cette séquence en tête :

  1. Protéger : observer, se mettre en sécurité, éviter un danger supplémentaire.
  2. Alerter : appeler le 15, 17, 18 ou 112 selon la situation, puis décrire précisément.
  3. Secourir : rassurer, surveiller, couvrir, comprimer un saignement ou mettre en PLS si nécessaire et si vous savez le faire.

Dans l’urgence, le rôle du témoin n’est pas de remplacer les secours. Il consiste à créer les meilleures conditions pour leur intervention : une scène plus sûre, une alerte claire, une victime surveillée et des erreurs évitées. C’est souvent ce cadre simple qui fait la différence.

Benoît Masseron

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