Norme BAES : 5 références à connaître, 1 heure d’autonomie et des contrôles réguliers
La norme BAES encadre les blocs autonomes d’éclairage de sécurité qui prennent le relais lorsque l’éclairage normal disparaît. Dans un ERP ou un ERT, ces équipements facilitent l’évacuation en signalant les sorties, en rendant les cheminements visibles et en limitant les mouvements de panique. La conformité dépend du choix du bloc, mais aussi de son implantation, de son alimentation et de son entretien.
Le BAES prend le relais en cas de défaillance
Un BAES, ou bloc autonome d’éclairage de sécurité, est un luminaire doté de sa propre source d’énergie. Il s’allume lorsque l’alimentation de l’éclairage normal est défaillante, notamment lors d’une coupure générale, d’un sinistre ou d’une panne localisée. Son autonomie réglementaire usuelle est d’au moins 1 heure. Cette durée doit permettre l’évacuation des occupants avec une visibilité adaptée.
L’éclairage de sécurité ne se confond ni avec l’éclairage normal, utilisé au quotidien, ni avec l’éclairage de remplacement, qui permet de poursuivre temporairement une activité. Sa fonction est liée à la protection des personnes. Il éclaire les itinéraires, signale les changements de direction, aide à repérer les obstacles et rend les issues de secours identifiables.
Évacuation ou ambiance : deux fonctions complémentaires
L’éclairage d’évacuation balise les dégagements, les circulations, les escaliers et les sorties. Il guide les occupants vers l’extérieur ou vers une zone sûre. L’éclairage d’ambiance, aussi appelé anti-panique, éclaire un local pour aider les personnes à s’orienter et éviter les mouvements de foule désordonnés.
L’éclairage d’ambiance doit fournir un éclairement de 5 lumens par m². Le flux lumineux minimal cité pour la source de sécurité est de 45 lumens. Ces deux fonctions doivent être envisagées ensemble lorsque la configuration des lieux l’exige. Un balisage de sortie isolé ne suffit pas si une salle sombre empêche les occupants d’atteindre le couloir. À l’inverse, un éclairage d’ambiance seul ne donne pas la direction à suivre.
La conception doit donc suivre le parcours complet, depuis le point le plus éloigné d’un local jusqu’à l’issue. Il faut tenir compte des portes, des changements de niveau, des angles et des zones où la visibilité peut naturellement diminuer.
Les 5 normes à connaître pour une installation BAES conforme
La conformité des blocs autonomes repose sur plusieurs textes. Ils couvrent le matériel, les fonctions d’éclairage, les essais automatisés et la maintenance. Les exigences applicables au bâtiment doivent être examinées selon le type d’établissement, son activité et sa configuration. Le tableau ci-dessous permet toutefois de repérer le rôle de chaque norme technique.
| Norme | Objet principal | Application pratique |
|---|---|---|
| NF EN 60598-2-22 | Exigences particulières relatives aux luminaires d’éclairage de secours | Conformité des blocs autonomes et de leurs caractéristiques de sécurité |
| NF C 71-800 | Systèmes d’éclairage d’évacuation | Balisage des cheminements et des sorties de secours |
| NF C 71-801 | Systèmes d’éclairage d’ambiance ou anti-panique | Éclairage des locaux pour limiter les mouvements de panique |
| NF C 71-820 | Système automatique de test intégré | Fonctionnement et contrôle des BAES équipés d’un SATI |
| NF C 71-830 | Maintenance des BAES et BAEH | Vérifications, suivi et maintien en état des équipements |
Les BAES doivent être conformes à la NF EN 60598-2-22 et à la série NF C 71-800, ou à une spécification équivalente d’un autre État de l’Espace économique européen. La marque NF AEAS fournit également un repère de conformité pour les appareils électriques autonomes de sécurité.
Les prescriptions relatives à l’éclairage de sécurité sont notamment liées à l’arrêté du 14 décembre 2011. Les articles EC 8 et PE 36 peuvent aussi s’appliquer selon l’établissement concerné. La norme technique ne suffit donc pas à elle seule : l’exploitant doit également vérifier les dispositions réglementaires propres au bâtiment.
Installer les blocs selon le bâtiment et le chemin d’évacuation
Les ERP et les ERT sont concernés par des obligations d’éclairage de sécurité, dont le détail varie selon les caractéristiques des lieux. Les locaux à sommeil demandent une attention particulière et peuvent nécessiter une articulation entre BAES et BAEH. Le BAEH, ou bloc autonome d’éclairage pour habitation, répond à un usage distinct. Son autonomie mentionnée est de 5 heures, contre 1 heure pour le BAES.
Les repères d’implantation à retenir
L’implantation ne doit pas être décidée uniquement en fonction d’une distance régulière entre les luminaires. Les blocs doivent accompagner le cheminement réellement emprunté en cas d’évacuation. Un dégagement de plus de 15 mètres doit disposer d’au moins deux blocs autonomes pour l’éclairage d’évacuation. Cette disposition limite le risque qu’une défaillance unique plonge une partie importante du parcours dans l’obscurité.
Pour l’éclairage d’ambiance, chaque local doit comporter au minimum deux blocs autonomes. Les salles de plus de 100 mètres carrés, les espaces accueillant plus de 50 personnes en sous-sol ou plus de 100 personnes à l’étage ou au rez-de-chaussée font partie des configurations qui demandent une analyse attentive de la fonction anti-panique.
Le nombre de blocs dépend donc de la configuration du local, de sa superficie, de son niveau dans le bâtiment et de l’effectif accueilli. Une implantation correcte doit aussi maintenir les pictogrammes visibles et éviter qu’un élément du bâtiment masque une sortie ou un changement de direction.
Alimentation, température et mise au repos
L’alimentation des BAES doit provenir d’une dérivation placée en aval du dispositif de protection et en amont de la commande de l’éclairage normal, selon les conditions prévues par les textes applicables. Cette organisation permet au bloc de détecter la disparition de l’alimentation normale.
Les appareils doivent également être protégés contre les températures ambiantes supérieures à la valeur maximale indiquée dans leur notice. Une température inadaptée peut compromettre l’utilisation du bloc et son fonctionnement attendu.
Une mise à l’état de repos centralisée doit être prévue. Elle permet de préserver les batteries lorsque le bâtiment n’est pas exploité, sans empêcher le retour automatique au fonctionnement prévu lors de la remise en service. La télécommande ou le dispositif centralisé doit être intégré dès la conception, plutôt qu’ajouté plus tard comme un accessoire.
BAES et BAEH : choisir l’équipement adapté
Les BAES et les BAEH sont autonomes, mais ils ne répondent pas au même cadre d’emploi. Les confondre peut conduire à une autonomie inadaptée ou à une installation qui ne correspond pas aux exigences du site.
| Critère | BAES | BAEH |
|---|---|---|
| Destination | ERP, ERT et installations relevant de l’éclairage de sécurité | Habitations et locaux à sommeil selon les dispositions applicables |
| Fonction | Évacuation ou ambiance/anti-panique | Éclairage de sécurité adapté à l’habitation |
| Autonomie mentionnée | 1 heure minimum | 5 heures |
| Maintenance | NF C 71-830 | NF C 71-830 |
Le choix doit partir de l’usage du bâtiment, et non de l’apparence du bloc. Dans un ensemble comprenant des zones accessibles au public et des locaux à sommeil, chaque zone doit être examinée séparément. Il faut tenir compte des occupants, des circulations et des dispositions réglementaires qui lui sont propres.
Cette distinction concerne aussi la fonction recherchée. Un bloc destiné à l’évacuation ne répond pas au même besoin qu’un bloc d’ambiance. Le matériel doit donc correspondre au cheminement à éclairer, au type de local et au niveau de sécurité attendu.
Tester, contrôler et maintenir les BAES dans la durée
Un BAES installé mais mal entretenu ne remplit pas correctement sa mission. Les batteries vieillissent, les sources lumineuses peuvent présenter un défaut et un bloc mis au repos par erreur peut rester indisponible au moment nécessaire. La NF C 71-830 encadre la maintenance des BAES et des BAEH pour maintenir les performances attendues.
Le SATI facilite les vérifications
Le système automatique de test intégré, ou SATI, est encadré par la NF C 71-820. Il automatise des essais de fonctionnement et facilite l’identification d’un défaut sur les blocs concernés. Pour les BAES équipés de ce système, certaines vérifications mensuelles et trimestrielles peuvent être remplacées selon les modalités prévues.
Le SATI ne supprime toutefois pas le suivi de l’installation. Les anomalies signalées doivent être examinées et les équipements défectueux doivent être remis en état. L’exploitant doit aussi conserver une trace des opérations effectuées et des remplacements réalisés.
Une routine de contrôle claire pour l’exploitant
- Vérifier régulièrement l’état apparent des blocs, leur signalisation et l’absence d’obstacle devant les pictogrammes.
- Réaliser le test d’autonomie de la batterie chaque semestre.
- Effectuer un contrôle de l’ensemble des BAES chaque année.
- Noter les opérations, les défauts constatés et les remplacements dans le suivi de sécurité de l’établissement.
- Contrôler le fonctionnement de la mise au repos centralisée pendant les périodes de fermeture ou de non-exploitation.
La conformité se construit dès la conception et se maintient pendant toute l’exploitation du bâtiment. Une implantation cohérente, des blocs adaptés au local, une alimentation correctement prévue et des contrôles réellement effectués permettent de disposer d’un éclairage de sécurité fiable lorsque l’éclairage normal devient indisponible.
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