Coefficient 140 d’un agent de sécurité : 1 965,78 € brut et 5 contrôles sur la paie
Pour un salarié à temps plein classé au coefficient 140, le minimum conventionnel s’élève à 1 965,78 € brut par mois, soit 12,96 € brut de l’heure sur une base de 151,67 heures mensuelles. Ce montant s’applique selon la grille en vigueur depuis le 1er janvier 2026 dans la sécurité privée. Il correspond au salaire de base. Les primes, l’ancienneté et les majorations liées aux horaires peuvent augmenter la rémunération totale.
Le salaire minimum du coefficient 140 en sécurité privée
Le coefficient 140 appartient à la grille des agents d’exploitation de la convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité, identifiée par l’IDCC 1351 et la brochure 3196. Il correspond à l’échelon 2. Lorsqu’un employeur relève de ce champ conventionnel, il ne peut pas rémunérer un salarié classé à ce coefficient en dessous du minimum conventionnel applicable.

| Élément | Montant ou information |
|---|---|
| Classification | Agent d’exploitation, échelon 2 |
| Coefficient | 140 |
| Salaire brut mensuel minimum | 1 965,78 € |
| Taux horaire brut minimum | 12,96 € |
| Base de calcul à temps plein | 151,67 heures par mois |
| Date d’application de la grille | 1er janvier 2026 |
Avec 1 965,78 € brut, le coefficient 140 se situe au-dessus du SMIC mensuel brut indiqué à 1 823,03 €, soit 12,02 € brut de l’heure. Cette comparaison ne suffit toutefois pas à contrôler une rémunération. Le minimum conventionnel concerne le salaire de base lié à la classification, tandis que les primes et indemnités inscrites sur le bulletin suivent des règles distinctes.
Quels postes peuvent relever du coefficient 140 ?
Le coefficient ne dépend pas uniquement de l’intitulé inscrit sur un planning ou un contrat. Il tient compte de l’emploi réellement exercé, des missions confiées, du niveau de responsabilité et, selon les situations, de la qualification détenue. Plusieurs fonctions de sécurité peuvent relever du coefficient 140 lorsque leur positionnement correspond à la classification prévue par la convention collective.
- Agent de prévention et de sécurité affecté à des missions qualifiées ;
- Chef de poste, selon l’organisation du site et les responsabilités exercées ;
- Agent de filtrage ou opérateur de sûreté ;
- Agent cynophile travaillant en équipe homme-chien ;
- Agent SSIAP 1 ou agent de prévention et de protection incendie industriel, lorsque la classification conventionnelle du poste le prévoit.
SSIAP 1, cynophilie et chef de poste : ne pas se fier à l’intitulé seul
Un SSIAP 1 n’est pas automatiquement classé au coefficient 140, pas plus qu’un chef de poste ou un agent cynophile. La vérification consiste à comparer les tâches réellement effectuées avec la fiche de poste, le contrat de travail et la classification conventionnelle. Une certification, une habilitation ou une mission ponctuelle ne modifie pas nécessairement le coefficient si le poste contractuel reste positionné à un autre niveau.
Les emplois de la sécurité privée comportent différents niveaux de responsabilité. La surveillance simple, le contrôle d’accès, la coordination sur site, la sécurité incendie et l’encadrement ne renvoient pas toujours au même classement. Pour apprécier la réalité d’un poste, il faut notamment examiner la gestion des consignes, la transmission des anomalies, la tenue d’une main courante, les échanges avec le client et l’autonomie face à un incident. Ces éléments sont souvent plus utiles que des intitulés qui varient d’une entreprise à l’autre.
Primes et majorations : ce qui peut s’ajouter au salaire de base
Le salaire du coefficient 140 ne représente pas nécessairement la rémunération mensuelle finale. Les éléments complémentaires doivent apparaître séparément sur le bulletin, avec leur assiette et le nombre d’heures concernées. Ils ne peuvent pas servir à compenser un salaire de base inférieur au minimum conventionnel.
Indemnités liées aux conditions de travail
Selon la mission et les conditions prévues, un agent peut percevoir une prime de panier de 4,48 €. En sûreté aéroportuaire, le montant indiqué est de 6,87 €. L’entretien des tenues peut donner lieu à une indemnité de 8,78 € nets par mois. Pour un agent cynophile, l’indemnité chien s’élève à 1,41 € par heure. Ces montants ne s’appliquent pas à tous les salariés. Leur versement dépend de l’activité, des horaires et des conditions d’attribution prévues.
Horaires atypiques et ancienneté
Le travail de nuit est majoré de 10 %, tout comme le travail du dimanche. Lorsque les deux situations se cumulent, la majoration indiquée atteint 20 %. Le travail un jour férié entraîne une majoration de 100 %. Le relevé d’heures doit donc être comparé au bulletin : une vacation de nuit ou un dimanche travaillé ne produit pas le même montant qu’une semaine effectuée uniquement en journée.
Pour le personnel non cadre, l’ancienneté augmente également le minimum conventionnel : 2 % à 4 ans, 5 % à 7 ans, 8 % à 10 ans, 12 % à 15 ans et 15 % à 20 ans. Un agent au coefficient 140 ayant atteint 7 ans d’ancienneté doit ainsi voir son salaire conventionnel de référence augmenté de 5 %, avant l’ajout éventuel des primes et autres éléments de paie.
Passer du brut au net et lire son bulletin sans erreur
Le net avant impôt ne se déduit pas du brut en retirant une somme fixe. Il dépend des cotisations salariales, du statut, des indemnités, des majorations et du nombre d’heures payées. Avec des cotisations salariales généralement estimées entre 22 et 23 %, le salaire de base de 1 965,78 € brut donne un ordre de grandeur inférieur au net d’un mois comprenant des dimanches, des nuits ou une ancienneté acquise.
Pour un coefficient 140 avec ancienneté et majorations, une estimation comprise entre 1 700 et 1 900 € net peut être observée selon la composition du mois. Cette fourchette n’est pas garantie. Un temps partiel, des absences, des heures supplémentaires ou des primes propres au site peuvent modifier le résultat.
Les cinq lignes à contrôler sur la fiche de paie
- La convention collective : l’IDCC 1351 doit apparaître si l’entreprise relève de la sécurité privée.
- La classification : vérifiez la mention du coefficient 140 et de l’échelon correspondant.
- Le taux horaire et le salaire de base : à temps plein, la référence est de 12,96 € brut de l’heure et de 1 965,78 € brut pour 151,67 heures.
- Les heures et les majorations : contrôlez séparément les nuits, les dimanches, les jours fériés et les heures supplémentaires figurant au planning.
- L’ancienneté et les indemnités : vérifiez que la majoration acquise, le panier, l’entretien de la tenue et l’indemnité cynophile sont bien distingués.
Comparer le coefficient 140 et vérifier la règle applicable
Le coefficient 140 se situe au-dessus des premiers niveaux de la grille d’exploitation. La comparaison peut aider à repérer un décalage entre les responsabilités exercées et le classement contractuel. Elle ne suffit toutefois pas à conclure à une erreur : seul le contenu réel de l’emploi permet de déterminer la classification applicable.
| Coefficient d’exploitation | Brut mensuel minimum | Taux horaire brut |
|---|---|---|
| 120 | 1 883,85 € | 12,42 € |
| 130 | 1 908,54 € | 12,58 € |
| 140 | 1 965,78 € | 12,96 € |
| 150 exploitation | 2 039,33 € | 13,45 € |
| 160 | 2 152,09 € | 14,19 € |
La grille 2026 s’inscrit dans l’accord triennal couvrant 2024, 2025 et 2026, avec une revalorisation de 2,8 % au 1er janvier 2026. L’accord du 25 septembre 2023 a été étendu par arrêté du 20 décembre 2023. Pour vérifier une situation précise, il faut comparer le contrat, l’avenant éventuel, la fiche de poste, les plannings et le bulletin de paie. Le minimum conventionnel est un plancher : un salaire contractuel plus favorable reste applicable.



